3D SurfPrint

Ce projet consiste à concevoir une planche de surf en 3D, imprimée en plusieurs sections puis assemblée avant d’être recouverte de résine. Cette démarche explore la rencontre entre fabrication numérique et savoir-faire artisanal, en questionnant la résistance, la fluidité des formes et le rapport entre objet technique et usage..

Planche de surf alvéolaire

imprimée en 3D

Problématique

Comment l’architecture interne alvéolaire, issue de la fabrication numérique, peut-elle remplacer ou

réinterpréter les techniques traditionnelles de shape, tout en garantissant légèreté, résistance et

performance ?

Origine et intention du projet

Pratiquant le surf depuis plusieurs années, j’ai toujours souhaité shaper ma propre planche. Ce

projet personnel s’inscrit dans une volonté de croiser une pratique sportive avec une démarche de

design et de recherche technique. Plutôt que de reproduire fidèlement les méthodes traditionnelles,

j’ai choisi d’explorer l’impression 3D comme outil de conception et d’expérimentation, afin de

questionner la structure interne même de la planche.

Techniques traditionnelles de shape

Historiquement, les premières planches de surf étaient fabriquées en bois massif, souvent très

lourdes et peu maniables. L’apparition du pain de mousse (polyuréthane ou polystyrène) a permis

un gain de légèreté considérable et une plus grande liberté de forme, tout en conservant une

structure interne relativement uniforme. Dans ces techniques, le shape consiste principalement à

enlever de la matière, l’intérieur restant peu maîtrisé et non visible.

Apport de l’impression 3D et des formes complexes

L’impression 3D inverse cette logique : la planche n’est plus taillée dans un volume plein, elle est

construite à partir d’une architecture interne pensée dès la conception. La structure alvéolaire

permet d’optimiser le rapport résistance / légèreté, de contrôler précisément la densité de matière

et d’introduire des formes complexes impossibles à obtenir par un shape traditionnel. L’impression

de 38 pièces différentes permet également une modularité et une précision accrues.

Structure alvéolaire

Inspirée de structures naturelles comme les os ou les nids d’abeilles, l’alvéolaire offre une

excellente rigidité tout en limitant la masse. Cette logique permet d’envisager une planche dont la

structure interne devient un véritable espace de projet, et non plus un simple support invisible. Le

prototype à 30 % de l’échelle réelle constitue un test fonctionnel permettant de valider

l’assemblage, la solidité et la cohérence structurelle.

Ailerons et dérives : vers une liberté formelle

L’impression 3D ouvre également des perspectives nouvelles pour les ailerons et dérives. Là où les

systèmes traditionnels restent contraints par des formes standardisées, la fabrication numérique

permet d’imaginer des géométries plus complexes, optimisées hydrodynamiquement ou assumées

comme des éléments expressifs. Ces pièces peuvent devenir à la fois fonctionnelles et

sculpturales.

Dimension artistique et références

Au-delà de la performance, ce projet s’inscrit aussi dans une réflexion plus artistique autour de

l’objet surf, en écho à des démarches comme celles de Perfect Design, où le surf devient un terrain

d’expérimentation formelle et conceptuelle. L’objet dépasse alors sa seule fonction sportive pour

devenir un prototype, voire une pièce manifeste.

Ouverture vers le design de mobilier

Cette recherche structurelle est directement transposable au design de mobilier, notamment pour

des assises ou tabourets alvéolaires. La logique de densité variable selon les zones de contrainte

est similaire à celle d’une planche de surf. Ce projet met en évidence la nécessité d’approfondir la

maîtrise d’outils paramétriques comme Grasshopper, afin de générer et contrôler précisément ces

structures dans de futurs projets.